Les tatouages de Ben
C'est en juin 2000 que Ben Harper se fit tatoué. En tournée en Nouvelle-Zelande, il fut accueilli à Auckland avec une cérémonie traditionelle et fut interviewé par un journaliste local. L'interview se passant très bien, Ben Harper parla de son envie de se faire tatoué, étant à la recherche du body painting qui lui correspondrait.Le journaliste lui proposa d'aller voir Gordon Hatfield, un artist expert du Ta Moko. Il reçu dans les studios de Mai Fm où se passait la cérémonie une vague explication sur le principe du Powhiri sans savoir ce qu'il allait vivre.
Il fut accueilli par un taiaha-wielding toa (un guerrier équipé d'une arme ressemblant à une lance) à demi-nu dans un costume traditionnel puis il fut accueilli par la chaleur des chants des "brown faces" (en référence aux visages foncés des indigènes Maoris).
A plusieurs reprises pendant la cérémonie, Ben ferma les yeux pour mieux s'imprégner de chants dont il ne comprenait pas les mots mais dont il devinait le sens. Puis, suivant le protocole, il pris la parole et il se mit à chanter à son tour
Harper se souvient d'une chose qui l'avait marqué: le visage de kaumatua Kingi Taurua. Kingi portait un Moko sur le visage et Harper ne pouvait distinguer ses yeux. "Lorsque Kingi m'a parlé, j'ai eu comme une Epiphanie. J'ai su alors que c'est ce que je recherchais." avoue-t-il. Il suivit donc son instinct et il passa la nuit à discuter avec la famille de ce grand spécialiste du Ta Moko. Il était convaincu qu'Hatfield était l'homme qu'il fallait pour un travail qui allait donner grâce à son corps et à son âme, à vie.
Entre deux concerts, Ben avait un jour de repos (le 3 juin 2000). Il en profita et a couvert son dos de tatouage Moko. Plus tard, Hatfield s'est rendu à Los Angeles pour finir ses bras. Il réalisa aussi des Mokos pour plusieurs membres de sa famille et de ses amis. Ainsi, le clan Harper restera définitivement rattaché à Aotearoa.
"Je me sens vraiment privilégié. Je sais ce que cela signifie et d'où cela vient. Hatfield aurait très bien pu refuser en me disant que cela était réservé aux Maoris. Je suis conscient qu'une partie des gens pensent que cela doit être réservé aux seuls Maoris mais c'est comme si on venait me dire que ma musique n'était faite que pour les noirs. Cela n'a aucun sens. L'art n'a de sens que s'il est s'il partagé"
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